Namaste à tous 🙏🇳🇵

Tout d’abord, un immense merci pour votre aide si précieuse pour le Népal et pour votre incroyable réactivité. Nous sommes profondément touchés par votre soutien. ❤️

Je suis actuellement au Népal pour une semaine. Oui, c’est peu, mais depuis la catastrophe, mon équipe travaille d’arrache-pied sur place.

Cette fois-ci, c’est notamment Pasang, de Kyangjin Gompa, qui est à mes côtés. Il est né ici, il connaît cette région et ses habitants. Lui-même a perdu ses parents lors du tremblement de terre. Aujourd’hui, c’est à son tour d’aider son peuple et sa région.

Depuis mon arrivée dimanche, les moments que nous vivons sont extrêmement forts en émotions.

Nous sommes allés dans deux monastères où sont actuellement accueillis des habitants de Syabrubesi, Timure et Komen.

La plupart de ces personnes ont tout perdu : leur maison, leurs biens, mais surtout, pour certaines, des membres de leur famille.

Des enfants.
Un mari.
Une femme.
Un père.
Une mère.

À leur demande, nous avons distribué des chaussures, des doudounes, des oreillers et des draps à environ 600 personnes.

Au milieu de tous ces visages, j’en ai reconnu plusieurs.

J’ai retrouvé des amis.

Ils essayaient de me sourire, mais derrière leurs sourires, leur souffrance était bien trop forte. Leurs larmes m’ont profondément touchée et, face à tant de douleur, un immense sentiment d’impuissance m’a envahie.

Une femme s’est approchée de moi.

Elle est enceinte de cinq mois et a déjà un petit enfant de 28 mois. Son mari vient de mourir dans la catastrophe.

Son visage était marqué par le désespoir.

Elle m’a simplement demandé de l’aider.

Puis le papa de notre filleule m’a serrée très fort dans ses bras. Il souffrait déjà de problèmes psychologiques et vient de perdre sa femme.

Il est sous le choc. Il n’entend plus. Ses larmes coulent sans s’arrêter.

C’était sa femme qui faisait vivre la famille.

Un autre papa, dont nous parrainons l’un des enfants, vient lui aussi de perdre sa femme. Il me regarde avec une tristesse que les mots ne peuvent pas décrire.

Dimanche, le directeur de l’école m’a montré tous ces petits enfants qui viennent de perdre un parent, et parfois davantage.

Ces enfants ont perdu bien plus qu’une maison.

Ils ont perdu leur socle, leurs repères, cette sécurité qui devrait être le fondement de toute enfance.

Et puis il y a tous ces parents qui, pendant des années, ont travaillé, économisé et fait des sacrifices pour offrir une éducation à leurs enfants.

Aujourd’hui, ils ont perdu tous leurs biens et ne savent plus comment ils pourront continuer à payer leur scolarité.

Ce peuple souffre.

Je sais que je ne pourrai jamais aider tout le monde.

Mais je sais aussi que les gouttes d’eau font les rivières. ❤️

Aujourd’hui, nous recherchons donc des parrains et des marraines pour permettre à ces enfants de poursuivre leur scolarité et redonner un peu d’espoir à leurs familles.

Pour les enfants qui ont perdu un ou leurs deux parents, nous recherchons des personnes prêtes à s’engager sur 10 ans. Un parrainage peut également être partagé entre deux parrains ou marraines.

Le coût annuel de la scolarité se situe entre 1 000 et 1 300 CHF, selon l’âge de l’enfant.

Pour les familles qui ont perdu leurs biens et qui, jusqu’à présent, finançaient elles-mêmes la scolarité de leurs enfants, nous recherchons également des parrains et marraines prêts à les accompagner pendant 5 ans.

Cinq années pour leur laisser le temps de se relever, de reconstruire leur vie et de retrouver leur autonomie.

Et si vous ne pouvez pas vous engager pendant plusieurs années, sachez qu’un don ponctuel, quel que soit son montant, représente déjà énormément.

Un grand don, un petit don, un partage, ou même simplement un message de soutien pour ceux qui n’ont pas les moyens de participer financièrement : tout compte pour nous. 🙏

Chaque geste compte.
Chaque enfant aidé compte.
Chaque goutte d’eau compte.

Je n’irai pas cette semaine sur les lieux mêmes de la catastrophe.

D’abord parce que la route n’est actuellement ouverte que jusqu’à Trisuli et parce que de nombreuses aides sont déjà mobilisées sur place.

Mais aussi parce que je ne veux pas faire de voyeurisme.

Notre rôle n’est pas d’être là uniquement lorsque les images sont fortes et que l’urgence est sous les projecteurs.

Notre rôle sera aussi d’être là après.

Dans quatre mois.
Dans un an.
Et aussi longtemps qu’il le faudra.

Car lorsque l’urgence sera passée et que l’attention sera retombée, ces familles auront toujours besoin de reconstruire leur maison, leur vie et l’avenir de leurs enfants.

Je me rendrai sur place dans environ un mois, avant d’accompagner mes clients en trek.

Nous aidons à notre échelle, avec nos moyens, mais avec une certitude : nous ne les laisserons pas tomber.

J’ai également été très honorée d’être accompagnée par Flore Dussex, de la RTS, et son caméraman pendant ces journées si fortes. Je les remercie d’avoir été là et d’avoir porté un regard respectueux sur ce que vivent ces familles.

Et puis, au milieu de tout cela, je réalise quelque chose de très personnel.

Je pensais depuis quelque temps quitter doucement le Népal…

Mais peut-on vraiment quitter un pays qui est devenu une partie de soi ?

Le Népal a accompagné une immense partie de ma vie. J’y ai rencontré des personnes qui sont devenues des amis, parfois presque une famille. J’y ai vécu des joies immenses, des épreuves, des rencontres et des moments que je n’oublierai jamais.

Aujourd’hui, je comprends peut-être simplement que le Népal n’est pas seulement un pays où je travaille ou où j’accompagne des treks.

Le Népal fait partie de ma vie, de mon histoire et, je crois, de ma mission de vie.

Je pensais quitter doucement le Népal…

Mais je crois que le Népal, lui, ne me quittera jamais. 🇳🇵❤️🙏

Du fond du cœur, merci à toutes les personnes qui nous ont déjà aidés, soutenus et qui continuent à être à nos côtés.

Les gouttes d’eau font les rivières.

Je vous embrasse,
Karine